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Les films de Fab

Les films de Fab

Mon avis sur les films vus au ciné depuis 2007 et un peu plus...


La Zona

Publié par heavenlycreature sur 30 Mars 2008, 14:08pm

Catégories : #*****

La Zona, propriété privée

Lorsque le film commence, on se croit dans Wisteria Lane, les rues sont bordées de villas cossues et les 4X4 ornent les trotoirs. Et puis, on se rend rapidement compte que cette banlieue aisée est en fait entourée de hauts murs, surveillées par des caméras de surveillance, car au-delà, il y a l'autre visage de Mexico, les favelas et la misère, hors de question que ces 2 mondes se cotoient... Et puis, lorsqu'une brèche se créée dans la muraille, trois ados un peu paumés y voient l'occasion de s'y faire de l'argent facile, en organisant un rapide cambriolage dans une de ces maisons bourgeoises... sauf que l'affaire tourne mal, et que Miguel, le plus jeune des 3, le seul rescapé, va devenir la proie des habitants de "La Zona" prêts à tout pour le punir. Car dans la zona, c'est oeil pour oeil dent pour dent et Miguel qui n'a rien à faire là va devoir payer son intrusion faussement criminelle. Si l'absurdité de l'évènement réveille les consciences de certains, la plupart des habitants seront gouvernés pas un désir de vengeance où la lacheté, l'égoïsme et la corruption seront les maître-mots. Drame puissant et glaçant, ce film révèle les côtés les plus obscurs de l'âme humaine. Un monde où l'on a peur de son prochain, où l'on se sent constamment en insécurité, où l'argent gouverne le monde et la justice est baffouée. Le film dénonce une violence sociale qui est partout. L'action se passe à Mexico mais peut être envisagée à l'echelle internationale. Il pourrait s'agir d'un film d'anticipation, or, de tels quartiers existent déjà: le ghettoisation des riches pour mieux cacher la misère, l'ignorer. De plus, la mise en scène brillante de Rodrigo Pla nous tient en haleine du début à la fin, car en plus d'être un puissant brulôt politique, "La Zona" est un captivant thriller. Primé à Venise où il a reçu le Prix du Meilleur Premier Film, "La Zona" est un film indispensable, un film coup de poing qui glace le sang et qui ne peut pas laisser indifférent.



  La Zona, propriété privée La Zona, propriété privée La Zona, propriété privée



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Fritzlangueur 22/04/2008 17:51

Je ne pense pas que La Zona soit le reflet d'un pays. Comme le roman eponyme, il traite d'un sujet universel qui aurait très bien pu se passer dans ma ville... Si si ! C'est cette mécanique de l'esprit qui est mise en relief, cette peur inconsidérée de l'autre qui pousse aux extrêmes. Rarement montré comme cela ! La zona est un excellent film.

PierreAfeu 11/04/2008 17:28

Merci pour les conseils ! J'ai vu La vierge des tueurs qui est un très beau film en effet, mais qui adopte un autre point de vue. Concernant les "réalisateurs mexicains connus" (tout un concept), je me permettrai de citer également Guillermo del Toro et Alfonso Cuaron, qui ne sont pas des moindres… ;-)

Pour ce qui est du subtil ratage sur la thématique de l'échec (sic) de Benchetrit, je me suis déjà exprimé à ce sujet... Sur le reste également.

VincentLesageCritique 11/04/2008 08:39

Benchetrit tourne autour d'un concept, laisse s'exprimer ses inspirations, peine à se renouveler stylistiquement mais crée un tout assez subtil, un ratage très beau dans le sens où cela colle parfaitement avec l'esprit de l'échec.
Pour revenir à La Zona, le sujet n'est pas important, c'est un fait-divers qui en dit long, point. Ca manque considérablement d'ampleur : rien ne sort du cadre, aucun souffle, aucune puissance ne scotchent littéralement. Ca reste un thriller, un entertainment, qui n'a pas la force d'Amours Chiennes, par exemple. ( Je souhaitais réagir au fait que l'on comparait Pla à Inarritu simplement parce qu'aucun autre réalisateur mexicain est véritablement connu ).
Si tu veux voir le monde contaminé, vois plutôt La Vierge des Tueurs de Barbet Schroeder, sur la Colombie, qui adopte totalement l'image adéquate à la misère et à la furie qui règne dans ce pays ; contrairement à Pla qui stylise banalement une course-poursuite sans vague intérêt.

Snifff 10/04/2008 12:05

Bien dit pierAfeu, mais je n'ai pas vu La Zona, donc je ne dirai rien de plus.

PierreAfeu 08/04/2008 10:06

Le film montre. Ce n'est pas de l'illustration. Et je ne vois pas ce qu'il y a de bêtifiant là-dedans. C'est un peu facile d'énoncer des poncifs sans justifier quoi que ce soit. Le film utilise la forme d'un thriller classique. Si la fin est attendue, c'est tout simplement par logique de lieu et d'action. Comparer ce film à un téléfilm me semble insultant, évoquer une pseudo-réflexion, c'est à dire minimiser la portée du récit, me le semble tout autant. Si ce film touche, me touche, c'est parce qu'il met l'humain en scène. Il ne théorise pas, ne prend pas de postures.
Je compare au film de Benchetrit parce qu'il illustre une sorte de pendant cinématographique à "La zona". "J'ai toujours rêvé d'être un gangster" est l'exemple même de l'imposture. On y sent toutes les intentions : le noir et blanc du "c'était mieux avant" saute aux yeux, on voit la caméra bouger et surtout, l'absence totale d'invention est criante. Je préfère cent fois un film qui aborde classiquement un sujet d'importance (la manière dont nous avons exporté notre libéralisme au reste du monde) à un film qui soigne la forme pour masquer la vacuité du fond.

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