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Les films de Fab

Les films de Fab

Mon avis sur les films vus au ciné depuis 2007 et un peu plus...


Poupoupidou

Publié par heavenlycreature sur 20 Janvier 2011, 23:02pm

Catégories : #****



Il y a des films dont on n'attend pas grand chose, des films qu'on ne pense pas aller voir... et puis les échos des critiques et des blogueurs nous réveillent et on se laisse tenter... et là, le charme opère... C'est ce qui s'est passé avec Poupoupidou qui m'a complètement charmé. Gérald Hustache-Mathieu nous a concocté un petit bijou, une histoire originale et douce que l'on suit avec la plus grande délectation. Le casting est impeccable, Jean-Paul Rouve est vraiment très bon et la mignonne Sophie Quinton est excellente. A leur côté une pléiade de seconds rôles tous impeccables.
Poupoupidou mélange les genres avec subtilité et brio, c'est très drôle, l'enquête est passionnante mais c'est surtout un film plein de grâce et de poésie... On n'est jamais dans le trop... c'est juste tout ce qu'on attend d'une bonne histoire. Et puis il a tous ces petits "indices" dispersés astucieusement  dans le film, les numéros 5 (rapport à Marilyn) ou la façon d'évoquer subtilement l'homosexualité du jeune flic... comme si le spectateur était lui-même invité à participer à une enquête. Vraiment, une excellente surprise qui j'espère bénéficiera d'un excellent bouche oreille! (En tout cas, pour moi ça a marché!).

Jean-Paul Rouve. Diaphana DistributionSophie Quinton. Diaphana DistributionSophie Quinton & Jean-Paul Rouve. Diaphana Distribution


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Christophe 23/01/2011 01:23

Poupoupidou vaut bien mieux que son titre improbable et son affiche digne d’une (mauvaise) comédie romantique. Car ce deuxième long métrage de Gérald Hustache-Mathieu abonde en bonnes surprises. Il y a tout d’abord ses nombreuses influences, qui ne pourront que ravir les cinéphiles. La plus transparente étant Twin Peaks, la mythique série de David Lynch. Ainsi, lorsqu’émerge de la neige le visage cyanosé de Candice Lecœur, on ne peut que songer à celui de Laura Palmer au moment où Pete Martell découvre le corps de la lycéenne enveloppé dans un sac plastique (Sophie Quinton et l’interprète de Laura, Sheryl Lee, sont d’ailleurs physiquement assez proches). Dans les deux cas, les victimes tiennent un journal intime susceptible de révéler l’identité de leur assassin. Autres similitudes : l’obsession commune pour Marilyn Monroe et les Kennedy de Candice et de Dale Cooper, l’agent du FBI enquêtant sur la mort de Laura, ou encore l’importance accordée aux rêves dans la résolution du meurtre des deux jeunes femmes. Gérald Hustache-Mathieu ne se contente toutefois pas de citer Lynch. On pense également aux frères Cohen, à Barton Fink et à Fargo en particulier. Et, bien sûr, à Marilyn. On ne relèvera pas ici toutes les références la concernant (pour ne pas dévoiler des éléments clés de l’intrigue). Signalons simplement la série de photos de Candice réalisée dans la station service, et dont certaines, jugées moins réussies, sont barrées au feutre orange, comme les célèbres clichés réalisés en juin 1962 par Bert Stern, quelques semaines avant la disparition de la star.

Poupoupidou est cependant bien davantage qu’un amusant jeu de piste cinéphilique. Il est avant tout un polar passionnant, dont la noirceur mélancolique est justement nuancée par un humour à froid de circonstance. Sur ce point, le film doit beaucoup à Jean-Paul Rouve, qui nous livre ici l’une de ses performances les plus accomplies. Gérald Hustache-Mathieu brosse également un tableau assez délectable de la vie d’une petite ville de province, grâce notamment à une série de seconds rôles particulièrement savoureux : Olivier Rabourdin (frère Christophe dans Des Hommes et des dieux) en commandant de gendarmerie ; Ken Samuels (inénarrable agent de la CIA dans OSS 117 : Rio ne répond plus) en Président de Région ; Clara Ponsot en réceptionniste gothique et un brin nymphomane (les gestes qu’elle pratique pour ranimer David après son électrocution relèvent plus de la satisfaction d’un désir physique que d’une réelle volonté de secourir le blessé !) ; Joséphine de Meaux en coiffeuse ; Guillaume Gouix en brigadier gay regrettant de ne pas avoir pu appartenir dans son enfance à une troupe de majorettes… Mais le personnage le plus émouvant du film est bien celui de Candice, merveilleusement incarnée par Sophie Quinton, actrice fétiche du réalisateur, puisque déjà à l’affiche de ses deux courts métrages (Peau de vache en 2001 et La Chatte andalouse en 2002) et de son premier long métrage (Avril en 2006). Elle insuffle à cette pin-up franc-comtoise apparemment superficielle une fragilité, une sensibilité qui la rendent particulièrement attachante.

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