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Les films de Fab

Les films de Fab

Mon avis sur les films vus au ciné depuis 2007 et un peu plus...


Retour sur le 7e Festival International du Film de La Roche-sur-Yon

Publié par Heavenlycreature sur 17 Octobre 2016, 18:40pm

Catégories : #Le FIF de La Roche-sur-Yon, #Festival

Retour sur le 7e Festival International du Film de La Roche-sur-Yon

Le plus dur est de choisir...D'abord il faut regarder de prêt la programmation, laisser aller son instinct, avoir des priorités et se dire qu'il y aura peut-être des impondérables.

Le Festival International du Film de La Roche-sur-Yon, c'est 7 jours de cinéma, de tous les cinémas, de tous les pays, de tous les genres, plus de 50 films présentés. On ne pourra pas tout voir.

C'est surtout un Festival à taille humaine dans une ville du même acabit qui nous permet de croiser au coin d'une rue des réalisateurs comme Bertrand Bonello, Antoine Barraud ou bien sûr l'invité d'honneur de cette édition Bruno Podalydès.

C'est l'un des points forts de ce festival qui se veut à la fois populaire et exigeant et qui offre à ses spectateurs un large spectre flirtant avec tous les genres... bref c'est un festival qui doit être découvert !

Je me félicite d'avoir eu l'instinct de voir les deux films ayant reçus les prix les plus importants : le Grand prix du Jury et le Prix du Public.

Le premier a été décerné au très réussi PROBLEMSKI HÔTEL de Manu Riche (pas de sortie prévue pour le moment). Cette histoire de migrants qui se retrouvent coincés dans un centre d'accueil improvisé en haut d'une tour de la BNP est une fable tragi-comique parfaitement maîtrisée. Ponctué d'éléments absurdes, ce film marque durablement et mérite son prix pour son audace et son originalité. Adapté d'un roman éponyme de Dimitri Verhulst, auteur de La merditude des choses, c'est un film à découvrir absolument.

Quant au prix du public, il a été attribué au superbe mélodrame de Kenneth Lonergan : MANCHESTER BY THE SEA (en salle le 14 décembre 2016). Le film est porté par l'immense Casey Affleck qui est absolument épatant. Si le festival décernait des prix d'interprétation, c'est à lui que le prix aurait pu être remis. Cette histoire de famille, d'un homme détruit par la vie mais qui continue à avancer, est bouleversante. Peut-être un peu trop long, il séduit par sa justesse et son sens du mélo qui évite tout effet tire-larme.

Problemski Hôtel (Grand Prix du Jury) et Manchester by the sea (Prix du public)Problemski Hôtel (Grand Prix du Jury) et Manchester by the sea (Prix du public)

Problemski Hôtel (Grand Prix du Jury) et Manchester by the sea (Prix du public)

Mes autres coups de cœur sont nombreux.

Samedi soir, c'est avec fébrilité que nous assistions pour la première nationale à la projection du très attendu L'ORNITHOLOGUE, le nouveau film de João Pedro Rodrigues (
O fantasma, Mourir comme un homme), en présence d'une partie de l'équipe dont le réalisateur himself. Le terme est galvaudé, mais je trouve qu'on pourrait presque qualifier ce film de Chef d'œuvre. Cette relecture du mythe de Saint Antoine, à la fois érotique, naturaliste, fantasque et poétique m'a bouleversé... Le ténébreux Paul Hamy y est absolument incandescent. Un film à part, beau et envoûtant. Une pépite. Ma palme d'or du Festival.

"L'ornithologue" avec le sublime Paul Hamy.

"L'ornithologue" avec le sublime Paul Hamy.

Le film d'ouverture de cette nouvelle édition m'a également beaucoup touché. LION de Garth Davis, avec son casting 4 étoiles (Dev Patel, Rooney Mara, Nicole Kidman) marque les esprits par son histoire vraie absolument sidérante. L'histoire de Saroo, un jeune indien qui se voit séparé de sa famille par un terrible jeu du destin et qui va tenter de retrouver les siens plus de 25 ans après est absolument incroyable. Un film fort dont on devrait entendre parler à coup sûr, celui qui m'a le plus fait pleurer cette année (en salle le 15 février 2017).

Dans la même veine romanesque, j'ai beaucoup apprécié CERTAIN WOMEN de Kelly Reichards avec également un casting en or puisque on y retrouve Kristen Stewart, Michelle Williams et Laura Dern. Le film est composé de trois segments, trois histoires de femmes qui se croisent sans se connaître... Le 3e segment m'a fait découvrir une actrice remarquable : Lily Gladstone, dans une histoire qui m'a fait penser au
Brokeback Mountain d'Ang Lee. Un très beau film qui n'a malheureusement pas de date de sortie (incroyable vu la qualité du film et la classe de son casting..)
 

"Certain Women" avec Kristen Stewart et "Lion" avec Dev Patel, deux moments forts en émotion du festival."Certain Women" avec Kristen Stewart et "Lion" avec Dev Patel, deux moments forts en émotion du festival.

"Certain Women" avec Kristen Stewart et "Lion" avec Dev Patel, deux moments forts en émotion du festival.

Beaucoup plus conceptuel, j'ai également adoré le très beau UN AMOUR D'ETE (pas de sortie prévue) du canadien Jean-François Lesage. La nuit, l'été, l'amour... dans un parc de Montréal, le réalisateur filme les conversations de jeunes gens qui racontent leurs histoires, ce que l'amour évoque pour eux... le travail sur la lumière est magnifique, les poèmes de Jonathan Lamy qui ponctuent le film sont aussi courts qu'ils sont efficaces, le tout est bercé par le son hypnotique de Gold Zebra. Un superbe moment offert par un fort sympathique réalisateur présent pour présenter son film.

 

Autre moment aussi conceptuel que généreux, la soirée au théâtre municipal, jeudi soir, en présence de Bertrand Bonello. Un soirée inédite durant laquelle on a vu des images illustrer une musique du réalisateur-musicien puis les rushes d'un film qui ne verra jamais le jour (avec Isild Le Besco) tournés pour Le dos Rouge (le film d'Antoine Barraud dans lequel Bonello joue son propre rôle.)
Deux temps étaient proposés, nous avons assisté au premier intitulé FANTÔME.
Bertrand Bonello est un homme passionnant.

Entretien entre Bertrand Bonello et Morgan Pokée à l'issue de la projection de "Fantôme".

Entretien entre Bertrand Bonello et Morgan Pokée à l'issue de la projection de "Fantôme".

Les films de genre étaient également à l'honneur lors de cette 7e édition décidément très riche !
En avant-première, nous avons pu découvrir les très réussis SWISS ARMY MAN (pas de date annoncée) et JEEG ROBOT (sortie prévue en janvier 2017). Le premier est inclassable et porté par un duo d'acteurs excellents : Paul Dano et Daniel Radcliffe. Il est beaucoup question de pets et de pénis-boussole dans ce film qui raconte l'amitié improbable entre un Robinson Crusoé des temps modernes et un cadavre défraîchi. On y rigole beaucoup, mais c'est surtout un film d'une infinie tendresse qui met en avant les déboires d'un personnage tué par sa propre solitude et son incapacité à s'ouvrir aux autres.
Le second a été un énorme succès en Italie. Savoureux mélange de
Kick-Ass et de Gomorra, JEEG ROBOT s'amuse des clichés inhérents aux films de mafieux et de super-héros. C'est hyper rythmé et très efficace, j'ai beaucoup aimé !

"Jeeg Robot" et "Swiss Army Man", deux films hors normes pour amateur du genre."Jeeg Robot" et "Swiss Army Man", deux films hors normes pour amateur du genre.

"Jeeg Robot" et "Swiss Army Man", deux films hors normes pour amateur du genre.

La sélection officielle comptait également deux thrillers. PARENTS (pas de sortie prévue) du danois Christian Tafdrup raconte ce qu'il advient d'un couple de quinquagénaires qui décide de retourner vivre dans l'appartement de leur jeunesse quand leur fils quitte le foyer... On ne s'attend pas à ce que le film prenne un virage totalement surréaliste mais il le fait avec aplomb et déterminisme. Je n'ai pas adoré le film mais j'avoue qu'il a le mérite d'être tout à fait original. J'ai par contre beaucoup plus apprécié THE ONES BELOW (sortie prévue en janvier 2017) qui lorgne ostensiblement du côté du Rosemary's Baby de Polanski. L'histoire qui est très bien menée et on retrouve Clémence Poésy (Harry Potter et la coup de feu) dans un premier rôle où elle est convaincante et épatante. Chic et efficace. Deux histoires qui ont en commun de se passer dans des capitales européennes : Copenhague et Londres.

Le schéma familial est complètement bouleversé dans PARENTS et THE ONES BELOW. Le schéma familial est complètement bouleversé dans PARENTS et THE ONES BELOW.

Le schéma familial est complètement bouleversé dans PARENTS et THE ONES BELOW.

Qui dit genre, dit ressortie d'un chef d'œuvre du genre justement ! Cette année, c'est SCREAM du regretté Wes Craven que nous avons eu le privilège de pouvoir revoir.
A part le truc du téléphone portable qui replace forcément le film dans son époque, on peut dire qu'il n'a pas pris une ride. Le plaisir reste intact et immense. Le seul bémol c'est de le revoir dans une salle où la moitié des spectateurs n'étaient pas nés lors de sa sortie... il y a déjà presque 20 ans. Petit coup de vieux assuré.

Deux maîtres ont également été à l'honneur avec deux documentaires très différents dans la forme mais tout aussi captivant l'un que l'autre. DAVID LYNCH : THE ART LIFE nous présente comment l'enfant David est devenu ce qu'on sait aujourd'hui. Artiste depuis toujours, ce documentaire met l'accent sur le parcours du réalisateur. On y parle de sa famille, de son rapport aux autres, de son art... l'histoire s'achève là où son cinéma commence. Impressionnant forcément.
Complètement différent dans sa forme et dans son fond, le DE PALMA de Noah Baumbach et Jake Paltrow est un film de fans pour des fans ! Toute l'œuvre du maître est passée en revue. C'est souvent très drôle, plein d'anecdotes croustillantes et ça donne forcément envie de revoir tous ses films... un gros kiffe pour le fan que je suis.

 

Deux maîtres et un chef d'œuvre.Deux maîtres et un chef d'œuvre.Deux maîtres et un chef d'œuvre.

Deux maîtres et un chef d'œuvre.

La compétition Nouvelle Vague, qui tend à montrer un cinéma inattendu et surprenant, m'a permis de découvrir deux films originaux qui ne m'auront pas totalement convaincu.
Le premier ICAROS : A VISION est un film sur le chamanisme dans lequel une jeune femme tente l'expérience afin de trouver un remède qui pourrait la soigner. Étonnant film dont le personnage principal s'inspire de la vie de la co-réalisatrice du film, décédée alors que le film était en post production. Le second THE CHALLENGE est un documentaire hallucinant sur des qataris blindés de tunes qui font n'importe quoi avec... comme avoir une moto en or par exemple. On dirait un film de Sofia Copolla tant l'ennui et l'argent sont au cœur du sujet sauf qu'ici la femme est complètement absente.

 

Icaros : A vision et The Challenge, découverts dans le cadre de la programmation "Nouvelles Vagues""Icaros : A vision et The Challenge, découverts dans le cadre de la programmation "Nouvelles Vagues""

Icaros : A vision et The Challenge, découverts dans le cadre de la programmation "Nouvelles Vagues""

Si je n'ai pratiquement eu aucune déception lors de cette 7e édition, le dernier film de 3D de Wim Wenders, LES BEAUX JOURS D'ARANJUEZ (en salle le 9 novembre 2016) en aura été une énorme. J'ai détesté. Je suis sorti avant la fin tant le texte de Peter Handke m'a gonflé... Trop intello trop chiant... on dirait une parodie de film d'auteur pour ceux qui n'aiment pas ce genre de cinéma. Pas ma came.

En tout cas ce festival aura encore une fois su retenir toute mon attention. Avec 17 séances au compteur, c'est ma plus grosse participation et vu la bonne fréquentation (les cérémonies d'ouverture et de clôture se sont jouées à guichet fermé et la séance de CERTAIN WOMEN à laquelle j'ai assisté dimanche après-midi était complète), on ne peut qu'espérer un avenir radieux au plus grand rendez-vous cinéphile vendéen !

See you next year dear FIF !

Le Concorde... The place to be en Vendée pendant une semaine !

Le Concorde... The place to be en Vendée pendant une semaine !

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