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Les films de Fab

Les films de Fab

Mon avis sur les films vus au ciné depuis 2007 et un peu plus...


T'as vu quoi au festival ?

Publié par Heavenlycreature sur 22 Octobre 2013, 22:52pm

Catégories : #Le FIF de La Roche-sur-Yon, #Festival

T'as vu quoi au festival ?

Quatre journées au rythme intensif et 12 films vus au Festival International du Film de La Roche-sur-Yon cette année, retour sur une cuvée 2013 toujours aussi exigeante et captivante :

T'as vu quoi au festival ?

NIGHT MOVES de Kelly Reichardt (invitée d'honneur du festival)
Avant-première, sortie prévue le 5 mars 2014 - USA
De quoi ça parle : Dena, Josh et Harmon sont trois activistes écologiques vivant dans l’Orégon. Ils décident d’éveiller les consciences en faisant exploser un barrage hydro-électrique. Une fois leur exploit accompli, tous trois reviennent à leur vie habituelle. Mais ils doivent bientôt faire face aux conséquences de leur action, pour certaines aussi imprévues que douloureuses.
Mon avis : Premier film de la réalisatrice que je découvre, j'ai d'abord eu peur du rythme un peu lent pour me laisser complètement emporter dans cette histoire de paranoïa qui voit ses jeunes héros pris au piège des conséquences imprévues de leurs actes.
Night moves est un film à la portée politique qui bascule petit à petit vers une ambiance de thriller, porté par un casting excellent au sommet duquel se hisse Jesse Eisenberg dans son meilleur rôle depuis The social network.
Ma note : 7/10

T'as vu quoi au festival ?

LA LIGNE DE PARTAGE DES EAUX de Dominique Marchais (Compétition internationale)
France
De quoi ça parle : La ligne de partage des eaux est un film sur le territoire national. Territoire géographique, territoire comme paysages en mouvement, mais aussi territoires politiques : qui décide quoi ? Quelles sont les forces en présence ? Quelle représentation politique pour les citoyens qui veulent agir sur leur espace de vie ? Soit une enquête sur l'écheveau institutionnel français et une immersion dans le concret territorial en suivant quelques uns des nouveaux arpenteurs du territoire (paysagistes, urbanistes, maires…).
Mon avis : Honnêtement, le pitch n'est vraiment pas bandant... et pourtant je vous invite à découvrir ce documentaire (peut-être un peu trop long) que j'ai trouvé par moment absolument passionnant ! Rares sont les films qui nous en apprennent à ce point. A partir d'exemples très concrets, Dominique Marchais nous interroge sur notre environnement, sur le rôle des élus vis-à-vis du territoire, sur la transformation du paysage rural. D'un court d'eau dans la Creuse à l'embouchure de la Loire, c'est à un voyage au cœur de nos campagnes que ce film nous invite. Vous ne regardez plus les bordures des routes comme avant. Pédagogique et instructif.
Ma note : 7/10

T'as vu quoi au festival ?

SAFE de Todd Haynes (Carte blanche Kelly Reichardt)
Sortie le 17 avril 1996
- USA
De quoi ça parle : Carol White, une femme au foyer aisée et passive, partage son temps entre les séances d'aérobic, la cuisine et les achats pour sa maison. Son univers douillet bascule lorsqu'elle développe une allergie à ce qui l'entoure. En proie a la dépression, elle finit dans un inquiétant centre de traitement new-age.
Mon avis : Brillant film qui invite à une multitude d'interprétations. Est-ce que Carol est vraiment malade ? Est-ce uniquement psychosomatique ? Si elle vivait dans un milieu moins "protégé" aurait-elle été malade ? Safe est un film multiple, plutôt pessimiste, qui nous interroge sur les risques que nous encourrons dans notre société polluée et remplie de composants chimiques. C'est également un film sur la solitude d'une femme qui ne réussit jamais vraiment à trouver sa place, que ce soit au sein de sa famille, de ses riches amies ou au sein de la secte...
Julianne Moore y est de tous les plans et est encore une fois absolument parfaite et magnifique.
Anxiogène et passionnant, un film riche que l'on a envie de revoir.
Ma note : 8,5/10

T'as vu quoi au festival ?

REDEMPTION de Miguel Gomes (Séance spéciale de dernière minute)
Portugal
De quoi ça parle : Réalisé en collaboration avec les étudiants du Fresnoy, à Tourcoing (Nord), le film entremêle les monologues de quatre personnages distincts, un portugais, un italien, un français et une allemande. L'un après l'autre, chacun se confie en voix off, tandis que défilent des images d'archives tournées en super-huit couleur et 16 millimètres noir et blanc.
Mon avis : Après Tabou, voici la nouvelle réalisation du réalisateur lisboète Miguel Gomes (prononcez Gomch). Clairement, le cinéma de Gomes n'est pas le plus accessible, on le rentrera dans la catégorie du "ciné intello beau mais un peu chiant"... Comme celui-ci n'est pas très long, on peut tenter le coup. Il n'est d'ailleurs pas désagréable à voir et à ressentir. J'ai surtout aimé le témoignage de l'allemande dont les images superposées et enrobées dans du Wagner sublime m'ont fait leur petit effet... Après, l'intérêt réside dans l'identité des 4 mystérieux orateurs, et là.. on ne peut s'empêcher de se demander la raison d'une telle entreprise...
Ma Note : 5,5/10

T'as vu quoi au festival ?

APRÈS LA NUIT (Até ver a luz) de Basil Da Cunha (Compétition internationale)
Portuga
l / Suisse
De quoi ça parle : Tout juste sorti de prison, Sombra reprend sa vie de dealer dans le bidon ville créole de Lisbonne. Entre l’argent prêté qu’il ne parvient pas à se faire rembourser et celui qu’il doit, un iguane fantasque, une petite voisine envahissante et un chef de bande qui se met à douter de lui, il se dit que, vraiment, il aurait peut-être mieux fait de rester à l’ombre...
Mon avis : Malgré une très belle mise en scène, ce film qui fût présenté lors de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes cette année, ne m'a que très moyennement emballé.
J'ai eu du mal a comprendre le récit, souvent très maladroitement mis en scène... c'est beau mais on ne comprend pas vraiment l'histoire et on finit par s'ennuyer. On sent un très gros potentiel mais le metteur en scène portugais devra à l'avenir travailler davantage son histoire.
Ma note : 4,5/10

T'as vu quoi au festival ?

COMPUTER CHESS de Andrew Bujalski (Compétition internationale)
USA
De quoi ça parle : Placé au cœur d’un week-end de compétition de programmateurs de logiciels d’échecs vers 1980, Computer Chess va faire revivre aux spectateurs cette époque où l’esprit humain testait ses limites face à la machine lors de parties d'échecs. Des programmateurs un peu excentriques participent à la préparation des ordinateurs, afin que ces derniers puissent battre l’homme à son propre jeu.
Mon avis : Computer Chess, c'est un peu le genre de film indé qui fait tellement "genre" qu'il en devient presque agaçant : noir & blanc + image un peu crade (genre vieille VHS) + histoire de "nerds" = trop !
Le film est construit en une succession de petites scènes, les plus drôles étant liées à un groupe de partouzeurs new-ages qui occupent une partie de l'hôtel en même temps que les informaticiens boutonneux.
Gros potentiel, mais résultat tout juste agréable... Moyen quoi...
Ma note : 5/10

T'as vu quoi au festival ?

L'HOMME-FUMÉE de Vincent Gérard et Cédric Laty (Compétition internationale)
France
De quoi ça parle : L'ethnologue Tom Joad débarque à Pernand Vergelesses en Bourgogne, afin d’enquêter sur la singularité de ce village et de sa géographie. Arpentant le territoire de haut en bas, et traversant les rituels sociaux de la communauté, il mène ses interviews, interroge les habitants sur leur vie passée, présente et future. Au regard des réponses de chacun sur « le fonctionnement » de Pernand, Tom Joad tire d’inattendues conclusions sur cette microsociété française, et la vérité éclate dans un fracassant final.
Mon avis : Filmé dans un noir et blanc sublime, L'homme-fumée, oscille entre cinéma et documentaire... Autant le film de Dominique Marchais (voir ci-dessus) nous interroge sur l'évolution et la transformation de nos paysages, autant celui-ci nous invite à une réflexion sur le changements global de la société. En s'attachant à ces messieurs et mesdames tout-le-monde issus du milieu vinicole, ce film nous questionne sur la transmission, l'enfance et d'autres sujets... Beau et intéressant.
Ma note : 6,5/10

T'as vu quoi au festival ?

PORCHERIE de Pier Paolo Pasolini (Pier Paolo Pasolini, deux fois encore)
1969 -
Italie
De quoi ça parle : Dans le désert, un jeune homme affamé devient cannibale pour se nourrir. Bientôt, il voue au cannibalisme une véritable passion. A Bonn, en Allemagne dans une luxueuse villa, un autre jeune homme vit une passion secrète pour les porcs. Les deux jeunes gens à l'histoire parallèle, périront de leurs vices, dévorés tous deux par les animaux.
Mon avis : Première incursion pour moi dans l'univers de Pasolini. on sent là l'œuvre d'un intellectuel torturé qui offre à travers cette double-histoire racontée en même temps (comprenez pas l'une après l'autre), une métaphore sur la part animal de l'homme. Le film est très marqué par le temps. Bizarre, étrange, un peu angoissant... mais pas dépourvu d'intérêt, Porcherie est le genre de film "à thèse" regardable même si je recommande d'être plutôt en forme pour si atteler.
Ma note : 6/10

T'as vu quoi au festival ?

L'ÉTRANGE COULEUR DES LARMES DE TON CORPS d'Hélène Cattet et Bruno Forzani (Compétition internationale)
Avant-première, sortie prévue 1e
r trimestre 2014 - France/ Belgique/ Luxembourg
De quoi ça parle : Une femme disparaît. Son mari enquête sur les conditions étranges de sa disparition. L’a-t-elle quitté? Est-elle morte? Au fur et à mesure qu’il avance dans ses recherches, son appartement devient un gouffre d’où toute sortie paraît exclue...
Mon avis : Mon très gros coup de cœur du festival ! Après en avoir découvert l'affiche sublimissime et son titre mystérieux, ce 2e long-métrage du duo Cattet/Forzani (Amer) m'a complètement envoûté. Hyper référencé (trop diront les puristes), ce film est avant tout une œuvre hyper sensitive, sensuelle et sonore.
Devant L'étrange couleur des larmes de ton corps, on pense aux gialli (évidemment), à De Palma, à Gaspard Noé, à Lynch, à Black Swan... le tout filmé dans des décors Art-déco à tomber.
Les réalisateurs (qui sont en plus extrêmement sympathiques et chaleureux) on construit leur film comme un labyrinthe dans lequel il est délicieux de se perdre... entre le cauchemar éveillé, la sensualité des corps et le frisson ressenti, l'orgasme cinéphilique est souvent proche.
On reprochera peut-être quelques légères longueurs mais le pied est tellement fort qu'on ne peut qu'encourager les deux acolytes-amoureux à s'y remettre dès que possible (même si on a bien compris le message passé ;-) )
Déjà l'un de mes films préférés de 2014 !
Ma note : 9,5/10

T'as vu quoi au festival ?

EKA & NATIA, CHRONIQUE D'UNE JEUNESSE GÉORGIENNE de Nana Ekvtimishvili et Simon Groß (3e Rencontres du cinéma indépendant par l'ACOR et le SDI)
Avant-première, sortie le 27 novemb
re 2013 - Géorgie
De quoi ça parle : Inséparables, Eka et Natia vivent à Tbilissi, en Géorgie, au lendemain de l’effondrement de l’Union soviétique. À 14 ans, elles vivent le quotidien des jeunes filles de leur âge, dans la rue, à l’école, avec les amis ou la famille. Confrontées à la domination des hommes, elles luttent pour leur liberté avec l’énergie et la force de la jeunesse.
Mon avis : Film choisi par la Géorgie pour représenté le pays aux prochains Oscars (on se demande d'ailleurs s'il y avait beaucoup d'autres choix...), Eka & Natia se penche sur la vie de deux adolescentes à Tbilissi, capitale géorgienne, nous montrant leur quotidien, leurs conditions de vie dans un monde où règne la suprématie masculine.
Les deux jeunes actrices sont épatantes de fraîcheurs et de justesse, les réalisateurs ont le bon goût de ne jamais aller vers le pathos ou la démagogie lourdingue mais le film manque de substance, de tension, de force... on aurait aimé vibrer davantage pour ces deux gamines courageuses, confrontées à l'injustice.
Ma note : 5,5/10

T'as vu quoi au festival ?

LEÇONS D'HARMONIE de Emir Baigazin (3e Rencontres du cinéma indépendant par l'ACOR et le SDI)
Avant-première, sortie prévue en février 2014 - Kazakhstan
De quoi ça parle : Aslan, 13 ans, vit avec sa grand-mère dans un village au Kazakhstan. Il fréquente un collège où la corruption et la violence tranchent avec son obsession du perfectionnisme. Harcelé puis rejeté par ses camarades, il développe un traumatisme.
Mon avis : Le bullying au Kazakhstan, voilà un peu un résumé grossier de ce que nous réserve ce film qui n'est clairement pas là pour nous faire marrer. Âpre, sec et douloureux, Leçons d'harmonie est un film admirablement construit (le réalisateur excelle dans la maîtrise de l'ellipse), et remarquablement mis en scène (parfaits cadrage et lumière), servis par des jeunes acteurs talentueux mais un peu trop long et un brin ennuyeux (je me suis un peu endormi...).
A découvrir en étant en forme et dans un état d'esprit pas trop morose car le film accumule les scènes qui font froid dans le dos.
Dur mais beau.
Ma note : 6,5/10

T'as vu quoi au festival ?

I USED TO BE DARKER de Matt Porterfield (Compétition internationale)
Avant-première, sortie prévue le 25 décembre
2013 - USA
De quoi ça parle : Fuyant le foyer familial en Irlande du Nord, Taryn, une adolescente, trouve refuge chez sa tante Kim à Baltimore. Celle-ci est en train de se séparer de son compagnon, Bill, sous le regard réprobateur de leur fille Abby.
Mon avis : Après Putty Hill, son film un peu trop "concept" qui m'avait un peu déconcerté, Matt Porterfield nous livre une œuvre beaucoup plus abordable, plus simple dans sa forme et très sensible. À travers les histoire des protagonistes, un couple en pleine rupture, une adolescente qui fuit, une autre détruite par la séparation de ses parents, ce film évoque la difficulté que l'on peut avoir à dire parfois clairement ce que l'on ressent à l'autre. Ici, les protagonistes passent par la chanson, les reproches bénins qui cachent des vérités plus lourdes...
I used to be darker marque pas sa subtilité et sa modestie. Il ne touchera certainement pas tout le monde, il faut réussir à lire au travers... moi, il m'a touché...
Ma note : 7/10

Retrouvez toute la programmation du festival, dense et fournie, ainsi que le palmarès du Jury, présidé par Amira Casar, irradiante de beauté et d'élégance sur le site du festival :
http://www.fif-85.com/

À l'année prochaine !

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